Marie-Ève Fontaine cherche à traduire fidèlement ses pensées.
L’émotion perçait dans ses paroles et une sorte de joie naïve, orgueilleuse, émerveillée. Il possédait, comme son père une étonnante facilité de s’emballer et de se croire guidé par de bons sentiments. Comme lui, il ne savait pas distinguer où finissait son intérêt et où commençait la générosité. À cette heure, il n’était pas loin de croire qu’il avait agi par pur désintéressement. Il se plaisait à lui-même ; sa satisfaction fut si vive que ses paupières se mouillèrent.
C’est une des meilleures sensations de la vie, et ne viennent pas à tous les jours. Pourtant, elles sont déclanchées par des choses fondamentalement simples et innaperçues. Tenir une pomme dans ses mains, la journée longue; résister au désir de croquer à travers de la jolie peau lisse, reluisante et d’un rouge sang de la pomme, malgré la faim, qui commence par ronger par petits bouts, et qui deviendra sans délai une obsession qui ne se satisfera pas avant d’avoir pris la dernière bouchée. À force de la caresser entre les mains, elle est polie mais avec soin. La moindre imperfection ruinerait, justement, la perfection de l’instant où l’on croquera spontanément, de dents qui supplient le cerveau de perçer la chair du fruit
Le moment viendra de façon innattendue même, et la satisfaction sera d’autant plus grande. La peau se déchirera entre les dents et le jus giclera et coulera sur les doigts, les rendant collants d’extase. Les papilles gustatives elles aussi feront la fête, et l’esprit peut finalement apprécier l’instant apothéotique; mais n’oublions pas: seulement que pour un instant.

J’aime vraiment ça,
Ça va bien ensemble, hein?
Adam, Ève, la pomme!
C’est un malheur que ton dernier post date de l’année passée.