La soirée de l’intrus
Ça vous arrive de vous lever le matin–l’après-midi–et tout en ayant rien de planifié, vous savez exactement ce que vous allez faire? Eh bien, je me comprends. Et je comprends Janique, aussi. Parce que nous nous sommes toutes les deux levées, et on a pensé à l’une l’autre. Pourtant, elle est à l’autre bout de la ville. Mais malgré la minceur des chances, il reste qu’il y en a que deux personnes pensent à la même chose en même temps.
Wow, je stall l’histoire hein? Ok, j’achève qu’on baptise. Hold on to your pants. Ben voilà, ça nous tentais toutes les deux d’aller magasiner. Et je vais sauter toutes les petites niaiseries afin de vous prévenir la somnolence. (Pas vrai. Je vais sauter tout sauf les petits bouts banales et insignifiants de la soirée… tenez-vous ben.) Donc là, Kateri et Janique arrivent (l’une ne va pas sans l’autre) habillées chic chic tandis que j’ai l’air d’une délinquente dans ma tenue peu sophistiquée. Je me questionne sur ce fait, et j’apprends qu’ils vont souper en famille après. Bon. Donc ceci me perturbe, puisque je pensais passer la soirée avec elles. M’enfin, le magasinage achève et nous allons chez elles, moi pensant tout bonnement que j’aurai un lift à la maison.
Bien sur, immédiatement en entrant dans le satané cadre de porte, c’est le [bon vieux] chaos familial; je dirais même plus la querelle. Ai on s’habitue à la fin. Éventuellement, nous embarquons dans la voiture, J-P, Carole, Kateri, Janique, Chloé, Ariane et moi (tant bien que mal, puisque certaines font semblant de ne pas avoir entendu ‘Siège de M’man! Siège de P’pa!’) et hop! en route.
Mais à mon grand désarroi, nous ne prenons point le chemin de ma demeure. Tout au contraire, nous nous dirigeons loin, loin dans la direction contraire… curieux. Hello Olive Garden! Ça a l’air que je fais partie de la famille pour souper! Une fois dans le resto, une complication s’impose.
-We only have a table for six.
-That’s okay, we’ll add a chair at the end of the table.
-I’m afraid that is impossible… security issues, you see.
Corde-à-linge, je me suis sentie intrus. Une de trop, et un peu trop évident aussi que c’était moi. Mais ne vous en faites pas, ils m’ont taquinés et on a changé de resto, très sympathique d’ailleurs. En outre, nous avons eu de très bonnes discussions qui me valorisent. (Eh que je suis diplomate des fois.)
La condition que j’aille souper était que j’aille à la messe avec la famille après (pas que j’ai eu le choix d’y aller ou pas, puisque nous étions à l’autre vout de la ville lorsque j’ai réalisé que je n’étais pas chez moi). J’ai donc écouté les sermons du prêtre, qui furent très intéressants, malgré mon désaccord occasionnel. Je dois citer le passage suivant.
The apostles said to God, ‘Increase you faith.’ God replied, ‘If you had faiththe size of a mustardseed, you could say to this mulberry tree, ‘Be uprooted and planted in the sea,’ and it would obey you.’
Et une question à laquelle j’aimerais une réponse un jour: pourquoi est-ce que nous sommes parfois debouts et parfois assis (à la messe)?
Par la fin de la messe, je dois avouer que je me sentais bien malgré mon éclipse de croyances catholiques. Cependant, je crois que c’était plutôt grâce à mes propres réflexions que sur celles du prêtre et de l’Église. Celles-ci ont porté sur l’Univers qui m’a donné tout ce que j’ai… en guise de l’Action de grâce, vous voyez.
De retour chez les Freynet-Gagné, des cris d’euphorie déchirèrent le silence qui règnait dans la maison. Ces cris semblaient faire echo puisque les quatres filles s’exclamaient à tout bout de champ,
OCCUPATION DOUUUUBLE!
Ça doit être bon, me suis-je dit. Pourtant, j’aurais du prévoir le coup: une émission de réalité d’andouilles qui consiste à éliminer tous les joueurs afin de résulter au couple parfait qui n’aurait rien fait pour mériter de gagner une maison, des voitures et un meublement de Germain-Larivière. Je jubile. Au moins, avant de débuter cette émission abrutie à laquelle je n’avouerais jamais m’intéresser, Janique et moi fûmes une petite excursion au 7-11. Grâce à ce que l’on apelle des ‘lucky pennies’, nous avons résolu de manger ensemble du mauvais beef jerky au bord de la rue à perpituité. Love!
Un autre périple banal de ma vie pour vous, une autre aventure que je ne suis pas prête à oublier pour moi. Bref, One Man’s Trash is Another Man’s Treasure.

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